Interview de Jimmy Baldwin, professeur d’Anglais à l’EIMLV.
Atome77 :
Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
Jimmy Baldwin :
Je suis né en République Dominicaine. A l’âge de quatre ans ma famille a immigré aux Etats-Unis, à New York. J’ai fait des études de littérature espagnole et j’ai passé mon bachelor degree. Ensuite, j’ai déménagé à Miami où j’ai rejoint ma sœur. J’ai commencé à travailler dans une école publique où j’ai enseigné l’espagnol langue étrangère. L’enseignement me paraissait difficile au début, mais c’est en travaillant avec les enfants que c’est devenu ma vocation. J’ai repris des cours d’éducation spécialisée pour pouvoir enseigner à des élèves émotionnellement perturbés. Puis, j’ai rencontré ma femme qui habitait en France et nous avons décidé de vivre en Europe. Je suis arrivé en France et j’ai commencé à travailler à l’Ecole Internationale et à enseigner l’anglais. J’y enseigne depuis 6 ans.
Atome77 :
Quel est votre travail avec les enfants de l’EIMLV ?
Jimmy Baldwin :
En cycle 3 les enfants ont huit heures d’anglais et en cycle 2 environ sept heures et demi. Damien donne trois heures de cours de sport en anglais, Louise enseigne la biologie et Cathy les arts et la géographie. J’assure pour ma part les cours de langue anglaise (grammaire, orthographe, civilisation, etc.). Il existe pour chaque niveau un groupe francophone et un groupe anglophone. Avec les francophones j’utilise une méthode conçue pour les non-anglophones qui est basée sur l’oral, sur le chant, le rythme, les rimes, ... Cette approche, très ludique, enlève les freins à l’apprentissage de la langue : les enfants font leur cette langue et jouent avec, écoutent et répètent. Les enfants gardent le plaisir d’apprendre. Nous introduisons la lecture dans le programme de CE1. Comme ils ont appris à lire dans leur propre langue, ils commencent maintenant par analogie à lire des mots et des phrases dans leur seconde langue. Ils s’approprient très rapidement le vocabulaire. Nous complétons cette méthode avec des lectures annexes que l’on trouve dans les livres de contes, les romans ou les magazines.
Pour les anglophones, c’est différent. Il s’agit de leur apprendre à lire et écrire dans leur langue maternelle. J’utilise une méthode britannique basée sur une approche globale. En CE1, on passe à une méthode que j’ai choisie pour son approche littéraire et sa rigueur dans l’enseignement de la grammaire (ce qui n’est pas toujours le cas dans les méthodes américaines). Les anglophones commencent tôt à produire leurs propres textes et je les encourage à diversifier leur lecture (nous avons un grand choix dans notre bibliothèque).
Atome77 :
Et les enfants qui ne sont ni français ni anglais ?
Jimmy Baldwin :
Ce sont des enfants qui ont déjà fait l’exercice d’apprendre deux autres langues et parfois il leur est plus facile d’assimiler une troisième. Mais ce sont aussi des enfants qui ont besoin de plus d’encouragements pour avoir confiance en eux.
Atome77 :
Le travail d’équipe avec les autres professeurs ?
Jimmy Baldwin :

Au début nous avions deux approches différentes. Aux Etats Unis, d’où je viens, les structures et méthodes se basent sur une approche orale de la langue avant d’introduire des règles de grammaire. Je me suis posé beaucoup de questions sur l’enseignement à la française et j’ai beaucoup observé mes collègues français.
Maintenant, je vois la richesse des deux approches. Parfois, je me disais « Eh bien, c’est vraiment étrange ! » Finalement en testant la méthode française, j’ai vu que je pouvais en tirer des bénéfices. Nous, les Américains, savons faire parler les élèves, mais des fois nous essayons un peu trop de choses et nous nous dispersons.
Atome77 :
Au bout de combien de temps un enfant va-t-il pouvoir tenir une conversation en anglais ?
Jimmy Baldwin :
Chaque enfant est différent. Un enfant peut tout suite s’approprier la langue et faire des progrès. Ou bien il ne peut presque pas parler pendant trois ou quatre ans et soudain un jour il me parle en construisant des phrases correctes et cela coule naturellement. On ne sait pas pourquoi il y a ces différences. Certains vont très vite, d’autres plus lentement. Il faut accepter le rythme de l’enfant et l’enseignement dont il bénéficie portera toujours ses fruits.
Atome77 :
En 6ème, ces enfants ont de toutes les façons plus de facilités ?
Jimmy Baldwin :
Oui, je le pense. Ils ont plus de facilité parce qu’ils ont un très bon niveau en anglais par rapport à l’enseignement publique.
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Interview menée par Stéphanie Warnia
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