Interview de M. Hintermeyer, responsable de l’agence Guy Hoquet à
Chelles.
Sommaire du dossier Immobilier en Seine-et-Marne
Atome77 :
Pouvez-vous nous parler de
Chelles ?
M. Hintermeyer :
Chelles est une commune formidable. C’est la première du 77 et la dernière de la petite couronne. On est à 13 min de la gare de l’Est, et 25 min de la gare Saint Lazare. Il y a un vrai centre ville avec des commerçants, des bords de Marne et des marchés. On trouve des habitats collectifs mais aussi de belles maisons en meulières, ou encore quelques maisons populaires, qui peuvent intéresser des jeunes qui démarrent. C’est une vraie commune, extrêmement intéressante, à taille humaine, animée. On peut être à la campagne très rapidement. Pour toutes ces raisons, les gens qui viennent s’installer à
Chelles sont très contents.
Atome77 :
Comment se situe
Chelles en terme de prix ?
M. Hintermeyer :
Aujourd’hui acheter un appartement neuf sur
Chelles c’est très coûteux même si les frais de notaires sont réduits. On est largement à plus de 3 000 € le mètre carré. En plein centre ville dans certaines constructions, on peut atteindre plus de 4 000 €/m
2, surtout lorsque le promoteur veut faire évoluer le marché vers le haut, sans compter le parking.
Dans l’ancien, on peut aller de 1 800 à 3 200 € du m
2. Un studio super mignon en plein centre ville avec un parking, on va être aux alentours de 3000 € /m
2. Les prix les plus élevés se trouvent autour de la gare de
Chelles et décroissent en fonction du temps que l’on met à s’y rendre. Une petite maison dans le centre ville, va coûter plus cher qu’une maison à la périphérie de
Chelles. Mais
Chelles reste raisonnable surtout avec la qualité de vie que l’on y trouve et comparativement à certaines communes plus cher du 94.
Atome77 :
Le marché est-il saturé sur
Chelles ?
M. Hintermeyer :
Les médias en rajoutent. Les grands magazines aiment titrer régulièrement sur le problème de l’immobilier. « Peut-on encore se payer un appartement neuf ? » fait régulièrement parti des gros titres car cela fait réagir les gens. L’immobilier est devenue « une machine à laver » pour les médias. Bien sûr que les gens vont de plus en plus loin et optent pour des stratégies : une plus petite maison située dans une commune « plus cotée » (Nogent, Brie sur Marne, etc.), plutôt qu’une plus grande maison un peu plus loin. Mais cela a toujours été. La mobilité existe et chacun s’organise. C’est vrai que sur
Chelles le marché se tasse un peu. On s’aperçoit que les maisons au-dessus de 400 000 €, ce sont les Chellois qui préfèrent les acheter. D’une manière générale, il est rare que des gens extérieur à
Chelles s’intéressent aux belles propriétés de la ville. Ce sont des anciens habitants de
Chelles, ceux qui connaissent les avantages à vivre dans la commune, qui achètent ces villas. Les autres, les nouveaux arrivants, veulent soit des appartements de 2 à 4 pièces dans un budget compris entre 140 000 et 190 000 €, soit des maisons de 3 chambres à 250 000 € et un petit terrain. C’est en général pour une famille de 4 personnes.
Atome77 :
Mieux vaut-il louer ou acheter sur
Chelles ?
M. Hintermeyer :

Pour répondre à votre question principale, et d’une manière générale, louer n’est pas vraiment intéressant. Y compris pour des jeunes. Je considère qu’il faut que cette situation reste temporaire. Un jeune qui gagne le SMIC et qui veut louer, va dépenser environ 500 à 600 € pour un studio, voire 750/800 € pour un deux pièces, dans la région de
Chelles. Et il lui faut en plus épargner pour éventuellement acheter plus tard. Il dépense donc trop par rapport à un achat. Il pourra négocier avec une banque à partir du moment où il aura un CDI et/ou un apport de 30 à 40%. Sinon, il doit se soumettre aux lois du banquier. Il peut aussi s’endetter sur trente ans, même si cela enrichit un peu la banque, il n’aura pas perdu d’argent. Sur une base de 100 000 €, un jeune pourra emprunter pour un petit appartement, puis revendre après quelques années avec une plus-value dans la plupart des cas. Sinon, il pourra toujours louer son bien. Dans notre agence, de nombreux jeunes entrent pour demander une location. Après une bonne discussion sur les chiffres, ils comprennent leur intérêt. On trouve encore des petits appartements à acheter. De plus, il y a moins de locations en ce moment. Louer son bien devient de plus en plus compliqué, le propriétaire réclame de nombreuses garanties. Mais quand les gens se retrouvent honnêtement autour d’un projet, on y arrive. Nous avons beaucoup de demandes et peu d’offres.
Atome77 :
Acheter ou construire ?
M. Hintermeyer :
Je crois qu’acheter un bien déjà construit ou faire construire est une démarche personnelle. Dans ce dernier cas, on a vraiment le sentiment que l’on peut aménager sa maison comme on la rêve, même si une fois que c’est fait, on s’aperçoit que l’on aurait du faire les choses autrement. Il y a aussi un certain nombre de coûts que l’on n’imaginait pas au départ : la clôture, les espaces verts, la terrasse pour le barbecue, les papiers, les peintures, les tringles, tout l’aménagement intérieur qui n’est pas comptabilisé par le constructeur… Je pense qu’il faut procéder avec prudence en ce qui concerne les logements neufs qui demandent de l’expérience et du temps. C’est un long projet. Pour un appartement neuf sur plan, il ne faut pas être pressé, c’est souvent très long. Mais chacun a sa démarche, les deux choses sont respectables.
Atome77 :
Est-ce un bon moment pour l’immobilier à
Chelles ?
M. Hintermeyer :
Difficile de répondre à cette question. Ce sont les gens qui font le marché. Pour l’instant les vendeurs restent encore fermes sur les prix. Quelques personnes sont en ce moment un peu pressées de vendre, mais ce n’est pas une généralité. J’écoute ce qui se dit. Objectivement, mon activité est en progression, le marché reste en hausse. C’est un marché diffus dans le temps à observer sur le long terme.
Atome77 :
Quels bons conseils pouvez-vous donner à nos internautes ?
M. Hintermeyer :
Le premier bon conseil, c’est de s’adresser à un professionnel. Entre particulier, c’est plus délicat : même si entre personnes honnêtes, et c’est 80% des cas, il n’y a pas trop de problèmes. Mais certains ont tendance à surestimer leur bien. On le constate tous les jours en comparant les prix pratiqués par les particuliers sur les sites Internet. Il est extrêmement fréquent que les particuliers proposent leur bien à 15 ou 20% au-dessus du prix raisonnable. Ils se disent qu'ils vont empocher l’argent de l’agence. Pour l’acquéreur, je ne crois pas que cela économise les frais d’agence, car le vendeur va essayer de les gagner d’une manière ou d’une autre. Pour le vendeur, c’est aussi difficile.
Le service rendu par l’agent immobilier, pour les deux parties, est considérable. Il y a une estimation au juste prix, une vérification sur la conformité, les agrandissements, les permis de construire ou d’achèvement de travaux, les diagnostics d’amiante, de plomb, de surface (Loi Carrez), etc. Cela va être de plus en plus compliqué de renseigner les acquéreurs sur les risques naturels et technologiques. A partir du 1
er juillet la législation se renforce sur l’obligation d’information, sur la mise en conformité des logements (assainissement, électricité, risque inondation, etc.). Nous, on anticipe : nous avons un devoir d’information et de conseils. Il n’y a pas d’erreur, ni d’oubli. On vérifie pour les gens.
Du côté des vendeurs, il peut aussi y avoir des risques : des gens viennent reconnaître vos locaux à vendre et ensuite, vous vous faites cambrioler ou agresser. Il faut se méfier, cela arrive assez fréquemment. Nous avons de longues discussions préalables avec les acheteurs et on les aide souvent dans leurs plans de financement, donc il y a beaucoup moins de rétractations. C’est beaucoup de travail. Nous avons une démarche honnête et sérieuse. Avec les acquéreurs, on fixe ensemble les critères de leur projet, leur budget. On essaie toujours de coller à leurs besoins et leurs demandes.
Atome77 :
Quid des frais d’agence ?
M. Hintermeyer :
Comme partout, les honoraires de l’agence sont affichés en toute légalité. Mais c’est une relation à trois entre le vendeur, l’agent et l’acquéreur. Pour ma part, je suis partisan de la discussion. On met les choses sur la table.
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Interview menée par Stéphanie Warnia
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