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Seine et Marne > Articles rédactionnels > Détail Cathédrale de Meaux3 siècles de construction
La construction de la cathédrale gothique de Meaux, commencée vers 1180, ne s'achève qu'en 1530-1540. Cette très longue durée (plus de 3 siècles) a laissé une grande diversité de styles architecturaux. Entre le début des travaux et leur fin, l'art gothique en France avait traversé plusieurs phases qui avaient laissé, à chaque fois, des traces tangibles dans l'édifice. Les travaux de restauration du XIXème siècle, loin d'avoir effacé ces traces, les ont dans l'ensemble conservées pour notre plus grand bonheur. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la grande diversité des formes et des styles n'a pas porté atteinte aux qualités esthétiques de la cathédrale de Meaux, en fait les différents architectes qui se succédèrent depuis le XIIIème siècle surent créer une étonnante harmonie d'ensemble qui constitue l'originalité première de ce monument, en comparaison avec d'autres édifices plutôt remarqués par leur unité stylistique. L'extérieur de la cathédrale a fait l'objet de très importantes restaurations au siècle dernier, car les dommages du temps avaient érodé la pierre de Varreddes, utilisée dans la construction de l'édifice. La façade occidentale présente trois portails monumentaux. Celui du milieu, comme dans un grand nombre de cathédrales gothiques, est consacré au Jugement dernier. Son tympan représente la résurrection des morts et la figuration du paradis et de l'Enfer Les tympans des deux autres portails représentent, à gauche, la vie de saint Jean-Baptiste, et à droite, celle de la Vierge. Seule la tour nord de la cathédrale a été entièrement achevée vers 1540. Du côté sud, de l'autre côté de la grande rosace flamboyante du XVème siècle, une tour en bois avait été construite pour abriter provisoirement les cloches de la cathédrale. Elle est devenue une tour définitive que la postérité a désignée du nom de tour noire. Les entrées de la façade occidentale de la cathédrale sont habituellement fermées au public, les visiteurs doivent donc se rendre sur les côtés de l'édifice pour accéder à l'intérieur.Côté sud, face à la rue commerçante, se trouve le portail Saint Étienne, appelé également portail des Merciers. Son tympan, gravement endommagé, représente la vie du saint. Par ce portail les visiteurs accèdent directement à la croisée du transept.
La caractéristique la plus surprenante, lorsque l'on pénètre dans la cathédrale, est la hauteur des voûtes dans les collatéraux qui atteignent la moitié de celle de la nef principale (31,5 mètres à la croisée du transept). Cela donne à l'espace intérieur de l'édifice une empreinte que l'on ne trouve dans aucune autre cathédrale. La lumière, en effet, pénètre profondément au coeur de l'édifice et met en valeur la teinte chaude et chatoyante de la pierre de Varreddes, utilisée dans la construction.Le chœur de la cathédrale fixe, le premier, le regard du visiteur. 11 ne s'agit pas du chœur primitif de la cathédrale gothique, car à peine 50 ans après le début des travaux, il fallut procéder à une première restauration. Les fondations avaient été mal faites et le chœur primitif, doté de tribunes trop lourdes, s'affaissait dangereusement. Le chœur actuel, qui est un magnifique exemple de gothique rayonnant, a donc été érigé entre 1250 et 1275, par un architecte dont le nom nous est parvenu : Gautier de Varrinfrov. II s'inspire d'un style alors en vogue dans les chantiers parisiens. Les revers du transept constituent un autre élément remarquable de l'édifice, véritables broderies de pierres, richement décorés. Ils sont partiellement inspirés par Notre-Dame de Paris, mais leur décor est ici encore plus recherché. L'intérieur de la cathédrale est assez, dépouillé. Les fenêtres hautes et celles des bas-côtés présentent peu de vitraux colorés. Seule la fenêtre centrale du sanctuaire offre un vitrail du XIVème siècle, représentant les scènes de martyre de saint Etienne et de saint Denis. Dans le chœur tue la cathédrale, le visiteur peut apercevoir, derrière les grilles en fer forgé, la dalle funéraire de Jacques-Bénigne Bossuet, la plus éminente personnalité de l'histoire de Meaux, évêque de 1682 à 1704. Les Meldois ont à plusieurs reprises honoré la mémoire de celui que la postérité a surnommé l'Aigle de Meaux. Deux statues commémoratives représentent Bossuet dans la cathédrale. II est une fois assis sur sa chaire épiscopale et une autre fois debout, dans une attitude d'oraison, avec autour de lui des personnages sur lesquels il avait exercé une influence déterminante : le Datuphin, Turenne, Louise de la Vallière et Henriette d'Angleterre.Une autre pierre funéraire remarquable est adossée au mur d'une chapelle du bas-côté sud de la nef, elle représente le bourgeois Jean Rose et son épouse. Mort en 1364, Jean Rose avait fondé un hôpital destiné à accueillir des voyageurs pauvres et des orphelins. Reconnu comme bienfaiteur de la cité, il a laissé son nom dans la mémoire collective meldoise. A l'extrémité occidentale de la nef enfin, les visiteurs peuvent admirer l'orgue de la cathédrale, construit en 1627 par Valéran de Héman, le plus habile facteur d'orgues de son temps.
Crédit photos : © Nicolas Maillard - Toute reproduction interdite Découvrez la commune en relation avec cet article : Meaux A lire également : Soyez le premier à publier un commentaire sur cet article ! Cet article vous intéresse ?
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