Un article de Nicolas Maillard
publié le 28/04/2005 à 17:13
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Premier d'une série, cet article sur Maud Fontenoy, réalisé avant son départ pour la traversée du Pacifique est paru dans le numéro de printemps 2005 de Voisins Voisines.
Pour qu'un projet devienne réalité, il faut d'abord l'avoir rêvé. Et Maud l'a rêvée. Où, quand, pourquoi ? Mystère mais, son enfance y est peut-être pour quelque chose. Sept jours après sa naissance, la petite Maud embarque sur la goélette familiale et traverse pour la première fois l'Atlantique à la voile. Puis, basée aux Antilles, elle passe les quinze premières années de sa vie à naviguer en mer dans l'insouciance la plus totale avec ses parents, Marc et Chantal, et ses deux frères. Des jours merveilleux rythmés par les baignades, la pêche sous-marine, tout en suivant sa scolarité (réussie haut la main) par correspondance. Déjà, une belle force de caractère !
Maud Fontenoy, la première femme à avoir traversé l'Atlantique nord à la rame en 2003, vient de repartir pour un nouveau défi, le Pacifique. Portrait d'une battante et confidences de "fille" juste avant son départ de Calao à Lima.
Maud, tu le sais bien. Tu vas galérer 5 mois à ramer dans le Pacifique. Ce qu'on veut te dire à notre manière, c'est qu'on t'aime. Tout simplement. Oui, on t'aime. Parce que par tes exploits nous stimulent à aller jusqu'au bout de nos passions. On t'aime, parce que tu fais partager ton expérience à plein de gamins d'écoles à Meaux. Parce qu'en suivant ton périple, ils vont apprendre littérature, géographie, histoire, physique, langues, technologie et informatique avec un autre regard. On t'aime parce que face à ce que tu endures, toute seule en plein océan, nos petits tracas quotidiens deviennent broutilles. On t'aime parce qu'aucune femme au monde n'a jamais fait ce que, toi, tu oses. Téméraire comme un mec, mais féminine jusqu'à te raser les jambes en pleine mer. On t'aime parce que tu nous as transmis le goût de l'effort et de la persévérance. Merci pour cette belle leçon de vie qu'on aimerait imiter. Et tant mieux si on nous traite de vilaines copieuses. Ça voudra dire que, nous aussi, on est allée au bout de nos rêves !
Annette Knapen
4300 milles nautiques (8000 km) en ligne droite, entre le Pérou et la Polynésie française. Seul Gérard d'Aboville, ami et parrain de sa première aventure, a été le premier à avoir cru en Maud
A 26 ans, Maud a vaincu l’Atlantique Nord en 117 jours, de Saint-Pierre-et-Miquelon à La Corogne (Espagne). Aujourd’hui, la jeune Meltoise s’attaque à la première tentative féminine du Pacifique à la rame.Un trajet déjà couvert par l’expédition du Kon-Tiki (du 27 avril au 30 juillet 1947), mais le bateau de papyrus de Thor Heyerdahl et ses cinq hommes d’équipage n’a strictement rien à voir avec Océor. L'embarcation de Maud ressemble plus à un gros poisson rouge et c’est bien une propulsion humaine qui permettra de relier cette fois la côte ouest de l’Amérique latine à la Polynésie.
Double distance, double dangers par rapport à sa toute précédente expérience.Dans l’Atlantique, elle avait essuyé des tempêtes infernales, subit des chavirages à répétition, évité nombre de cargos, pleuré de douleur et de désespoir. Cette fois, dans l’immensité du Pacifique, c’est l’inconnu le plus total. Elle sait qu’elle qu’il y a des risque de cyclone, qu’elle va rencontrer des requins bien plus grands que son bateau, mais qu’importe, elle est blindée. Maud a cette force de caractère, ce virus du dépassement de soi tout en gardant les pieds sur terre. Elle connaît les risques et les difficultés d’un tel défi. Elle a préparé minutieusement son trajet, suivi les conseils techniques de Gérard d’Aboville, amélioré et renforcé Océor pour qu’il soit encore plus résistant,avalé des kilomètres de distance dans sa chambre sur un rameur d’appartement pour être au top de sa forme.
Un exploit sportif, certes mais pas seulement. C’est tout un concept humain. Des muscles, elle en a, des biceps d’aciers aussi, mais, ce ne sont pas tant les muscles qui la font avancer,c’est son mental de battante. Car il faut un sacré moral pour vaincre la peur, la fatigue, les nuits sans dormir, la douleur physique ajoutée à la monotonie de tous les jours. C’est long cinq mois. La tête travaille au moins autant que les bras, sinon plus.
Pour tenir, on l’imagine fredonner la chanson de Tracy Chapman qu’elle avait écoutée le jour où elle avait pris la décision de se lancer dans l’Atlantique,penser à sa famille qui l’attend, à son papa qu’elle étreindra à l’arrivée, à la flopée d’enfants qu’elle rêve d’avoir...
Qu’est-ce qui la fait ramer ? Ce sentiment de liberté et d’accomplissement personnel fabuleux, intense et grisant, nous confiera t-elle juste avant le départ. De cette aventure humaine, sans précédent, on retiendra aussi sa volonté d’y associer tout un programme pédagogique en partenariat avec des dizaines de classes de Meaux et de Papeete.Ces enfants de CM1 et CM2 suivront l’aventure sur les bancs de l’école avec des matières liées à la mer,la navigation mais aussi à la géographie,la littérature et l’histoire. Autrement plus motivant que de potasser son Besherelle !
En contact permanent avec son PC course, Maud fait le point avec son équipe technique, indique sa position, fait part des problèmes rencontrés. Les seuls moments où elle peut communiquer avec la terre et les humains
Alors que Maud, rame en solo, toute son équipe s’active sur la terre. Au PC course, installé et ouvert à tous, à l’Hôtel de Ville de Meaux, amis,techniciens, enfants et sponsors viennent aux nouvelles fraîches. En cliquant sur son site www.maudfontenoy.com, on peut suivre ses faits et gestes depuis qu’elle estpartie, admirer les humoristiques dessins de Na «croqués» au fil de l’inspiration. Un pro de la BD habitué aux projets insensés comme celui de son ami cycliste parti faire le tour du monde en vélo pendant un an.Et pendant ce temps là, Maud, rame toujours plus loin, trouve la force de continuer pour aller au bout. Comme le dit son sponsor, Claude Cosquer, directeur général de Burton « Le pacifique à mains nues, par son humilité, nous rappellera qu’avant l’outil, c’est la main de l’artisan qui agit. Chaque jour, coup de rame après coup de rame, avec Maud nous saurons bâtir notre projet d’entreprise et réaliser son rêve... »
Confidences avant le départ
Pimpante et toujours tirée à quatre épingle dans sa vie en ville, Maud a ce petit "supplément d'être" qui la rend naturellement glamour. Pour VV elle est passée aux aveux.
Fidèle à mon parfum : Depuis l'âge de 20 ans, je porte Aqua Allegoria Pampelune de Guerlain.
Ma tenue préférée : En tailleur-jupe, noir et rouge, de chez Burton perchée sur des talons.
J'assume ma lingerie : En dessous sexy et raffinés de la ligne Aubade.
J'adore le maquillage : Les fards Chanel pour les yeux, le mascara Lancôme qui fait cils kilométriques, et les rouges à lèvres Bourjois pour le peps des couleurs.
Mes produits cultes : La Crème Protection Extrême d'Avène indice 50 et la Xerand de La Roche Posay pour mes bobos aux mains, deux produits conseillés par ma maman phramacienne.
Je craque : Pour le chocolat ! J'embarque quelques tablettes pour la traversée.
Textes et photos sont issus du magazine Voisins Voisines de Seine et Marne n°32 et ne sont pas libre de droits.
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