Depuis quelques jours le
centre du Mesnil-Amelot fait l’objet de toutes les discussions. Il y a encore quelques temps on ne savait même pas qu’un centre de rétention administratif existait en
Seine-et-Marne. Aujourd’hui des gens sont en grève de la faim pour qu’on parle enfin d’eux. Voici la lettre d’appel au secours :
URGENCE APPEL AU SECOURS !
jeudi 27 décembre 2007
Ce jeudi 27 décembre, Nous, Sans-papiers du Mesnil-Amelot, nous déclarons en grève de la faim.
Le chiffre de 25 000 expulsés devant être atteint pour le 01 janvier 2008, la police expulse tout le monde et n’importe qui !
Nous nous sommes fait arrêter pour certains lors de démarches au commissariat, pour d’autres lors de démarches administratives, pour beaucoup lors de rafles anti-immigrés. Nous refusons d’être traités comme des sous-hommes et appelons l’ensemble des gens qui pensent encore que nous sommes des êtres humains à dire "Stop" à cette politique raciste. Nous ne sommes pas des militants politiques venus foutre le bordel chez vous mais bel et bien des travailleurs désireux de vivre dignement.
Moi, Abou N’Dianor, mes compagnons d’infortune, Nabil, Paul et tous les autres vous demandons, d’exprimer votre désaccord avec la politique d’Apartheid de votre pays.
Appelez-nous à l’intérieur du centre de rétention aux cabines téléphoniques dont les numéros sont : 01 49 47 49 53 ou 01 49 47 02 40 ou 01 49 47 02 50 pour connaître la réalité de notre situation.
Apportez-nous des cartes téléphoniques, des cigarettes et du soutien.
Fermeture immédiate des centres de rétention
Des papiers pour tous
Libre-circulation, libre-installation
Arrêt immédiat de toutes les expulsions
0698703349

Pour
Stephano Rega, permanent de la
Cimade (Service oecuménique d'entraide : se consacre à l'accompagnement des étrangers migrants, en voie d'expulsion, demandeurs d'asile ou réfugiés) au
Mesnil-Amelot, il est “rare que des détenus d’un centre osent prendre une initiative collective de ce genre, c’est le signe du niveau d’exaspération provoquée par la chasse à l’homme à laquelle nous assistons actuellement“.
Cette grève de la faim est la conséquence déjà de plusieurs demandes des sans-papiers. Voici les doléances de retenus du
centre du Mesnil-Amelot, écrites le 25 avril de cette année :
Nous, Retenus du Centre de rétention de Mesnil-Amelot :
Considérant les mauvaises conditions dans lesquelles nous vivons au centre de rétention de Mesnil-Amelot, avons décidé une grève de la faim et notifié les doléances suivantes
Vu
* - L’absence de visite médicale (approfondie) préalable à l’admission au centre de rétention
* - Le risque de contagion des maladies (tuberculose et autres)
o . par le partage des cellules et du réfectoire
o . par l’usage des fontaines d’eau, des douches et toilettes
Constatant
* - le manque d’informations (surtout pour le rapatriement des retenus) qui n’ont pas le temps de préparer leurs bagages et d’aviser leurs parents
* - des arrêtés préfectoraux abusifs de reconduite à la frontière pris à l’encontre des personnes qui font plusieurs passages au centre
* - le long séjour des retenus non reconnus par leur consulat
* - la consommation d’aliments en instance de péremption
* - la transformation du centre de rétention en centre de DETENTION par la présence d’un grand nombre de militaires, exerçant des pressions énormes sur les retenus
Par conséquent
Nous souhaitons que les hommes politiques, les media, les organes de défense et de sauvegarde des droits de l’Homme nous aident à retrouver notre liberté de bien-être, qui s’effrite dans un pays démocratique, la France.
Les porte-parole : Pasteur AZANDE GBE SISSOKO
Le Mesnil Amelot, le 25 avril 2007
Une grève de la faim est entamée, jusqu’où tout cela ira-t-il ?